Pommes de terre : fractionnez l’apport d’engrais azoté en deux

Pommes de terre : fractionnez l’apport d’engrais azoté en deux

Un changement simple peut améliorer votre gestion de l’azote sur pommes de terre : fractionner l’apport en deux. Arvalis propose aujourd’hui un modèle qui s’appuie sur des images multispectrales pour décider si un complément d’azote est nécessaire. Résultat ? Moins de pertes, des émissions réduites, et — dans les essais — pas de baisse de rendement.

Comment fonctionne le modèle Ferti‑Adapt pour la pomme de terre

Le modèle repose sur des images prises par satellites ou drones. Il réalise un diagnostic entre 25 et 40 jours après la levée. À ce moment, il évalue trois éléments : la teneur en chlorophylle, le taux de couverture au sol et la densité du feuillage. Ces indicateurs renseignent sur l’état de nutrition azotée de la culture.

Ce système reprend le principe du dispositif Ferti‑Adapt CHN développé pour le blé. Il a été intégré à l’outil de pilotage Farmstar, ce qui facilite l’accès aux diagnostics pour les exploitations et les coopératives.

Pourquoi fractionner l’apport d’azote ?

L’idée est de mieux adapter l’apport à la demande réelle de la plante. Arvalis propose de réserver 40 kg N/ha au départ, puis d’apporter un complément si le diagnostic le recommande. Ce complément peut être nul ou, en cas de mauvaise valorisation ou d’incertitude, atteindre 40 à 80 kg N/ha.

Concrètement, vous évitez de surdoser à la plantation et vous répondez aux besoins réels lors de la phase de croissance rapide en juin. Les essais sur 30 parcelles montrent qu’en 2024 et 2025 il n’y a eu aucune perte de rendement. Sur 60 % des parcelles, la réserve de 40 kg N/ha a même pu être économisée.

Les contraintes organisationnelles et comment les contourner

Un frein majeur : la logistique. Jusqu’à présent, beaucoup d’exploitations réalisent un seul apport au semis, en avril. La levée arrive en mai et la forte absorption d’azote se déroule en juin. Or, juin est aussi la période la plus chargée pour les traitements contre le mildiou.

La fenêtre d’intervention pour le second apport est courte — 15 à 20 jours selon la variété. Il faut donc coordonner interventions et équipes. Quelques pistes pratiques :

  • Planifiez le second passage dès la plantation et réservez une plage horaire flexible en juin.
  • Étudiez la possibilité d’un apport combiné si votre matériel et la réglementation le permettent, ou faites appel à un prestataire.
  • Utilisez l’information issue des images multispectrales pour décider du taux d’apport, plutôt que d’appliquer une règle fixe.

Résultats des essais et perspectives

Le modèle a été testé sur 30 parcelles en partenariat avec des coopératives et des industriels. Il est intégré dans Farmstar pour simplifier l’usage. Les premiers retours sont encourageants : pas de baisse de rendement en 2024‑2025 et des économies d’azote sur une majorité de parcelles.

Arvalis continue les essais pour affiner les stratégies. L’outil pourrait être proposé à grande échelle en 2027. Au‑delà des économies, il pourrait aider à améliorer le bilan des émissions de gaz à effet de serre, un argument important pour les filières et pour les producteurs qui visent des labels rémunérateurs.

Que pouvez‑vous faire dès maintenant ?

Si vous souhaitez tester cette approche, voici une marche à suivre simple :

  • Conservez la méthode bilan du Comifer pour calculer la dose prévisionnelle.
  • Appliquez une réserve initiale de 40 kg N/ha au semis.
  • Programmez un diagnostic entre 25 et 40 jours après la levée via votre coopérative ou un prestataire équipé.
  • Préparez la logistique pour un second apport pendant la fenêtre de 15–20 jours si le diagnostic le recommande.
  • Commencez par un essai sur une parcelle témoin avant de généraliser à toute l’exploitation.

En parallèle, faites des analyses de sol et tenez un suivi précis des interventions. Ces données aideront à réduire l’incertitude du bilan et à optimiser vos apports.

En résumé

Fractionner l’apport d’azote sur pommes de terre change la logique : on part d’une réserve modérée, on observe, puis on complète si nécessaire. Cette stratégie repose sur des données fiables issues d’images multispectrales. Elle offre des gains agronomiques et environnementaux réels, mais demande une organisation plus fine. Tester la méthode à petite échelle et s’appuyer sur les outils comme Farmstar facilitera la transition.

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Auteur/autrice

  • Je suis architecte d’intérieur spécialisée en rénovation de maisons anciennes et aménagement d’espaces verts domestiques. Diplômée de l’École Boulle et formée en paysagisme urbain à l’École du Breuil, j’accompagne depuis plus de dix ans des particuliers dans leurs projets maison et jardin. Mon expérience va du suivi de chantier à la conception de petits potagers familiaux en passant par l’optimisation lumineuse des pièces de vie. J’aime traduire les contraintes techniques en solutions simples et concrètes pour un habitat confortable et durable. J’écris ici pour partager mes méthodes éprouvées et mes retours de terrain.

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